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DON ET TRANSPLANTATION D’ORGANE À CUBA
Oui à la vie
• Environ 138 greffes de rein ont été
effectuées cette années, 27 de plus qu’en 2010. Cuba
dépense 55 millions de dollars pour la prise en charge
des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique
Lisandra Fariñas Acosta
LA liste
d’attente des personnes ayant besoin d’un organe vital
pour survivre augmente de façon accélérée chaque jour
dans le monde face à la couverture insuffisante des
système de santé pour répondre à la demande, car le
nombre de receveurs dépassent considérablement celui des
donneurs.
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La 1 000e
greffe de rein, effectuée à
Santiago de Cuba, a été pratiquée en
octobre sur Gisela Marrero Ferreiro.
Près d’elle, le Dr Jorge Lockhart et
Barbara Diaz, la plus ancienne patiente
transplantée.
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Consolider le
programme de don et de transplantation à Cuba
est une des priorités
du système de Santé publique.
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Si bien que
dans de nombreux pays, le trafic d’organes augmente
également. En effet, ce commerce se révèle le principal
impulseur du tourisme de transplantation qui incite des
milliers de patients en attente de greffe à se rendre
chaque année dans d’autres pays pour y acheter des
organes à des prix exorbitants. Cependant, bien que Cuba
soit un pays sous-développé, soumis à un cruel blocus,
le pays réalise d’immenses efforts pour développer son
programme de don et de transplantation, et jouit
désormais d’un vaste prestige international.
En 1970, 16
ans après la prouesse de la première greffe de rein
réalisée dans le monde développé, notre pays s’est
inscrit dans la liste des pays qui pouvaient la
pratiquer, et devenait le troisième pays d’Amérique
latine à l’effectuer.
TRANSPLANTATION RÉNALE À CUBA: RÉUSSITES ET DÉFIS
L'Insuffisance rénale chronique
(IRC), une maladie qui
oblige le patient à avoir recours aux méthodes de
substitution de la fonction rénale, comme les
hémodialyses et les greffes, est considérée aujourd'hui
par les spécialistes comme une maladie épidémique du
fait de son augmentation significative chaque année. En
effet, ses principales causes – l'hypertension
artérielle et le diabète mellitus – sont en progression
également. Actuellement, Cuba compte 2 714 patients en
dialyse, soit 242 patients par million d'habitants,
nombre qui progresse de 10% chaque année.
Le Dr
Alexander Marmol Soñara, spécialiste de second degré en
néphrologie et fonctionnaire de l’Organisation nationale
de transplantation (ONT) du ministère de la Santé
publique a expliqué au journal Granma que, selon les
études réalisées, Cuba doit destiner 20 000 dollars par
an, soit 54 280 000 dollars pour chaque patient en
méthodes de substitution – pour les 2 714 mentionnés –.
Cependant,
la greffe rénale est une méthode plus économique, car
elle revient la première année à environ 10 000 dollars,
en comptant les médicaments du premier mois (extrêmement
coûteux), l'utilisation de technologie, de matériel
consommable et en électricité. Au cours de la deuxième
année après la transplantation, les coûts s’élèvent à
moins de 5 000 dollars.
« De plus,
pour le patient la greffe rénale a un impact important
sur le plan bio-psychosocial et de la récupération, du
fait de ne plus dépendre d'un "artificiel rein" pour
survivre », a-t-il précisé.
À Cuba,
c’est l'ONT qui est chargée de garantir et de contrôler
le don et les transplantations d'organes, ainsi que de
surveiller les résultats chez les receveurs, avec l'aide
de commissions conseillères. Par exemple, le Centre
coordinateur national de l'Institut de Néphrologie gère
la sélection du candidat à une greffe de rein, sous des
conditions essentiellement biologiques, et selon le
degré de compatibilité requis.
« Cuba
dispose du programme le plus important de donneurs
décédés de toute l’Amérique latine (davantage de
donneurs décédés que de donneurs vivants), un rapport
semblable à celui des pays développés. Pour ce qui
concerne les donneurs vivants, dans notre pays seuls les
parents de première ligne sont acceptés (frères, parents
ou enfants majeurs), pour s’assurer une plus grande
compatibilité immunologique et multiplier les chances de
réussite. Jusqu’à ce jour, 4 489 transplantations
rénales de donneurs décédés ont été effectuées, et 338
de donneurs vivants », a précisé le Dr Marmol Soñora.
Cuba
pratique la transplantation rénale chez des enfants
depuis 20 ans, et elle a obtenu d’excellents résultats
dans le programme de donneur vivant qui compte déjà 28
greffes sur les 105 réalisées jusqu'à ce jour.
L'ONT a
tracé des stratégies destinées à augmenter les dons,
comme la seule forme de garantir la systématisation du
programme et la réponse rapide aux milliers de patients
en attente. En fait, chaque don pourrait sauver quatre
personnes au minimum.
Actuellement à Cuba, le taux de survie après une greffe
de rein s’élève à 70 % par an, ce qui est une réussite
pour un pays comme Cuba.
BLOCUS CONTRE LA VIE
Pour une
réalisation correcte d'une transplantation rénale, il
est indispensable de pratiquer sur le patient un typage
immunologique (HLA), afin de vérifier la compatibilité
avec l'organe donneur. Cuba réalise cette technique par
sérologie depuis1973.
Le Dr
Marmol Soñora a expliqué au journal que seul le
laboratoire nord-américain One Lamda produit des tests
sérologiques dans le monde, et il a décidé de ne plus
vendre de réactif à Cuba.
Conséquence
de cette mesure qui s’appuie sur le blocus injuste
contre Cuba depuis plus de 50 ans : cela fait six mois
que les spécialistes cubains ne peuvent pas pratiquer le
typage des patients qui ont dû être transplantés sans
cet examen.
« De ce
fait, nos patients font davantage de rejet aigu aux
organes transplantés, car on ne connaît pas exactement
la compatibilité. En 1997, 2001 et 2002, ils nous
avaient déjà privés de ce réactif », souligne le
médecin.
L’État
cubain, à la recherche d’une alternative à cette
situation a consenti un effort économique en vue de
l’achat d’un laboratoire qui devrait permettre dans les
prochains mois de passer de la sérologie à la biologie
moléculaire pour la typification immunologique (HLA) des
donneurs et des receveurs, ainsi que la modernisation
d’autres techniques d’immunologie pour la
transplantation rénale, et d’autres comme celle du fois,
du cœur et des cellules hématopoïétiques (de moelle
osseuse).
Mais le
refus de vendre le réactif pour la sérologie ne porte
pas seulement préjudice à la greffe de rein, il interdit
également la réalisation d’autres greffes, comme celle
de cellules hématopoïétiques, pour lesquelles le typage
immunologique est vital.
Actuellement, par manque de réactif, Cuba doit envoyer
dans des pays comme le Mexique les enfants qui ont
besoin de cette intervention chirurgicale afin d’y
réaliser les tests sérologiques et la greffe, ce qui
implique des frais élevés pour le pays.
Heureusement, le futur laboratoire de biologie
moléculaire permettra pour la première fois à Cuba de
disposer d’une banque de donneurs de cellules
hématopoïétiques et de typifier la population, aussi
bien des donneurs que des receveurs.
Le
gouvernement cubain n’hésite pas à faire les
investissements nécessaires afin que la population
puisse accéder à une santé gratuite et de qualité
Seulement au titre des achats de médicaments
immunodépresseurs nécessaires aux transplantations à
Cuba, que les patients devront prendre à vie pour
garantir leur survie, le pays dépense annuellement 5
millions de dollars.
Cuba
effectue entre 100 et 150 greffes de rein par an.
Seulement pour conserver un rein trois ou quatre sacs de
liquide de conservation sont nécessaires afin de
maintenir l’organe en attente de receveur : chacune
coûte environ 110 dollars.
Consolider
le programme de don et de transplantation à Cuba, qui
présente outre la greffe de rein, des résultats
encourageants comme la greffe de cornée, du cœur et du
foie, est une des priorités du système de Santé publique
pour continuer de dire oui à la vie.
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