|
Le
câble sous-marin
Un défi en
faveur de l’intégration
• RELIER Cuba et le Venezuela par voie sous-marine
va au-delà de la pose de deux paires de fibres
optiques qui sillonneront les sables de La Guaira,
traverseront l’arc des Antilles, longeront les côtes
de Santiago de Cuba et plongeront dans la fosse de
Bartlett, à plus de 6 000 mètres de profondeur.
|

Waldo
Reboredo a expliqué
que l’entrée en service du câble
sous-marin n’implique pas la cessation
des services d’Internet par satellite
–le seul à Cuba en raison du blocus–,
mais qu’elle diminuera de 25% le
coût des opérations actuelles.

Le commandant de la Révolution
Ramiro Valdés a supervisé les travaux en
cours pour l’installation du câble
à Santiago de Cuba.

Le « Ridley Thomas », navire
spécialisé
équipé de sonars de grande précision ,
a effectué les relevés et repérages dans
une zone où la différence de niveau est
l’une des plus accentuées de la planète. |
Il s’agit d’un projet intégrateur, aussi bien de
par le degré de spécialisation qu’il demande, mais
aussi par l’importance des objectifs politiques et
stratégiques qui sont en jeu : les eaux
territoriales, le blocus et la nécessité de mettre
fin à la dépendance historique de nos deux pays en
matière de télécommunications.
PROGRES DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET
Waldo Reboredo, vice-président du Département des
télécommunications de la société cubano-vénézuélienne
Gran Caribe, chargée de la pose du câble, a révélé
dans une interview exclusive à Granma que les
travaux vont bon train et que tous les délais sont
respectés.
« Nous venons de conclure l’étude des fonds
marins depuis la zone de Camuri, à proximité du port
de La Guaira, dans l’Etat vénézuélien de Vargas,
jusqu’à la plage de Siboney, dans la province de
Santiago de Cuba, ainsi que dans la zone de
bifurcation prévue entre Aguadores et Ocho Rios, sur
le côte nord de la Jamaïque.
« L’exploration a été réalisée à bord du navire
« Ridley Thomas », doté de moyens modernes pour les
recherches océaniques, et même si le travail n’a pas
été facile, nous avons pu définir les points de
croisement des failles tectoniques, le type de câble
à utiliser, le type de gaine de protection et le
tracé par où commencer la pose, en janvier 2011.
« Cette étude nous a permis de déterminer les
endroits où le câble va requérir une double
protection. Etant donné qu’il passera par une zone
où la dénivellation est l’une des plus accentuées de
la planète, caractérisée avec des dépressions sous-marines
abruptes, le câble sera protégé par une armature de
fils d’acier qui lui assure une résistance accrue
aux pressions et aux mouvements des courants
océaniques.
« Ce revêtement permettra également de sécuriser
et de protéger le câble contre d’éventuelles
attaques d’animaux marins qui, attirés par les
champs magnétiques, ont déjà provoqué de sérieux
dommages sous d’autres latitudes.
« Les terminaux optiques, les dispositifs
d’alimentation électronique et d’autres équipements
sous-marins et périphériques qui devraient être
installés dans les centres de contrôle au Venezuela,
à Cuba et en Jamaïque sont déjà prêts.
« Dans la deuxième quinzaine du mois de novembre,
nous installerons et testerons le câble et ses 14
répétiteurs qui seront placés à une distance de 80
km l’un de l’autre. Ce test est réalisé d’abord sur
la terre ferme avant l’installation en milieu sous-marin.
« Le 25 janvier 2011, nous commencerons à
déployer le câble depuis le Venezuela. Nous avons
jugé préférable d’attendre jusque-là pour éviter les
contretemps climatiques associés à la saison
cyclonique. Le câble devrait toucher les côtes
cubaines le 15 février ; et une semaine plus tard il
reliera Aguadores à Dos Rios, en Jamaïque.
« Ensuite s’ensuivra la phase de mise en route,
et le câble devrait être opérationnel au début du
deuxième semestre de l’année prochaine. »
COMBINER MOYENS ET VOLONTE
Récemment, le commandant de la Révolution Ramiro
Valdés, membre du Bureau politique et vice-président
du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a
supervisé les travaux en cours pour l’installation
du câble à Santiago de Cuba.
Au terme de sa visite, il s’est enquis des études
visant à minimiser la vulnérabilité du projet et à
assurer la protection de la paire de fibres optiques
contre l’ancrage des bateaux, les risques de
crochage par le train de pêche des chalutiers et
d’autres éventuelles agressions externes.
De l’avis de Ramiro Valdés, ce projet appelé à
révolutionner les télécommunications favorisera
l’indépendance du secteur informatique latino-américain.
La mise en œuvre de ce projet ne profitera pas
seulement à Cuba mais aux Caraïbes orientales et à
l’Amérique centrale, car il augmentera la largeur de
bande et représentera une alternative efficace aux
raccordements satellites, beaucoup plus onéreux et
moins avantageux.
Le ministre de l’Informatique et des
Communications a souligné que cet ouvrage renforcera
l’intégration, élargira les échanges sociaux et
représentera un tournant dans les communications
dans notre région.
L’entrée en service du câble sous-marin
améliorera de 3 000 fois le traitement et transport
de voix données images (VDI) de Cuba sur Internet.
Evalué à un coût de 70 millions de dollars, ce câble
de 1 602 kilomètres de long aura une capacité de 640
GB pour ses liaisons avec l’étranger.
Les fibres seront presque toutes posées en eaux
internationales, conformément aux normes en vigueur,
et respecteront les frontières et les juridictions
des pays de la région.
Nouvelles alternatives
• Le câble sous-marin apportera
une meilleure qualité de transmission de données
mais pas nécessairement une augmentation du flot de
données. La socialisation du service dépendra
davantage de la quête d’efficience que de
l’élargissement du réseau.
• En mettant fin à leur dépendance
en matière de communications, nos pays pourront
transmettre en temps réel des consultations
médicales, des téléconférences et des cours
d’éducation pour appuyer les programmes de
coopération menés la région.
• Le blocus empêche Cuba de se
connecter avec une dizaines de liens internationaux
environnants. Par exemple, l’un de ces câbles (Cancun-Miami)
ne passe qu’à 32 kilomètres du bord de mer de La
Havane.
|