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La Havane. 4 Novembre 2010 

 Le câble sous-marin
Un défi en faveur de l’intégration

• RELIER Cuba et le Venezuela par voie sous-marine va au-delà de la pose de deux paires de fibres optiques qui sillonneront les sables de La Guaira, traverseront l’arc des Antilles, longeront les côtes de Santiago de Cuba et plongeront dans la fosse de Bartlett, à plus de 6 000 mètres de profondeur.

Waldo Reboredo a expliqué que l’entrée en service du câble sous-marin n’implique pas la cessation des services d’Internet par satellite –le seul à Cuba en raison du blocus–, mais qu’elle diminuera de 25% le coût des opérations actuelles.
Waldo Reboredo a expliqué
 que l’entrée en service du câble
 sous-marin n’implique pas la cessation
 des services d’Internet par satellite
 –le seul à Cuba en raison du blocus–,
mais qu’elle diminuera de 25% le
 coût des opérations actuelles.

Le commandant de la Révolution Ramiro Valdés a supervisé les travaux en cours pour l’installation du câble à Santiago de Cuba.
Le commandant de la Révolution
Ramiro Valdés a supervisé les travaux en
 cours pour l’installation du câble
 à Santiago de Cuba.

Le « Ridley Thomas », navire spécialisé équipé de sonars de grande précision, a effectué les relevés et repérages dans une zone où la différence de niveau est l’une des plus accentuées de la planète.
Le « Ridley Thomas », navire spécialisé
 équipé de sonars de grande précision
,
 a effectué les relevés et repérages dans
 une zone où la différence de niveau est
 l’une des plus accentuées de la planète.

Il s’agit d’un projet intégrateur, aussi bien de par le degré de spécialisation qu’il demande, mais aussi par l’importance des objectifs politiques et stratégiques qui sont en jeu : les eaux territoriales, le blocus et la nécessité de mettre fin à la dépendance historique de nos deux pays en matière de télécommunications.

PROGRES DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET

Waldo Reboredo, vice-président du Département des télécommunications de la société cubano-vénézuélienne Gran Caribe, chargée de la pose du câble, a révélé dans une interview exclusive à Granma que les travaux vont bon train et que tous les délais sont respectés.

« Nous venons de conclure l’étude des fonds marins depuis la zone de Camuri, à proximité du port de La Guaira, dans l’Etat vénézuélien de Vargas, jusqu’à la plage de Siboney, dans la province de Santiago de Cuba, ainsi que dans la zone de bifurcation prévue entre Aguadores et Ocho Rios, sur le côte nord de la Jamaïque.

« L’exploration a été réalisée à bord du navire « Ridley Thomas », doté de moyens modernes pour les recherches océaniques, et même si le travail n’a pas été facile, nous avons pu définir les points de croisement des failles tectoniques, le type de câble à utiliser, le type de gaine de protection et le tracé par où commencer la pose, en janvier 2011.

« Cette étude nous a permis de déterminer les endroits où le câble va requérir une double protection. Etant donné qu’il passera par une zone où la dénivellation est l’une des plus accentuées de la planète, caractérisée avec des dépressions sous-marines abruptes, le câble sera protégé par une armature de fils d’acier qui lui assure une résistance accrue aux pressions et aux mouvements des courants océaniques.

« Ce revêtement permettra également de sécuriser et de protéger le câble contre d’éventuelles attaques d’animaux marins qui, attirés par les champs magnétiques, ont déjà provoqué de sérieux dommages sous d’autres latitudes.

« Les terminaux optiques, les dispositifs d’alimentation électronique et d’autres équipements sous-marins et périphériques qui devraient être installés dans les centres de contrôle au Venezuela, à Cuba et en Jamaïque sont déjà prêts.

« Dans la deuxième quinzaine du mois de novembre, nous installerons et testerons le câble et ses 14 répétiteurs qui seront placés à une distance de 80 km l’un de l’autre. Ce test est réalisé d’abord sur la terre ferme avant l’installation en milieu sous-marin.

« Le 25 janvier 2011, nous commencerons à déployer le câble depuis le Venezuela. Nous avons jugé préférable d’attendre jusque-là pour éviter les contretemps climatiques associés à la saison cyclonique. Le câble devrait toucher les côtes cubaines le 15 février ; et une semaine plus tard il reliera Aguadores à Dos Rios, en Jamaïque.

« Ensuite s’ensuivra la phase de mise en route, et le câble devrait être opérationnel au début du deuxième semestre de l’année prochaine. »

COMBINER MOYENS ET VOLONTE

Récemment, le commandant de la Révolution Ramiro Valdés, membre du Bureau politique et vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a supervisé les travaux en cours pour l’installation du câble à Santiago de Cuba.

Au terme de sa visite, il s’est enquis des études visant à minimiser la vulnérabilité du projet et à assurer la protection de la paire de fibres optiques contre l’ancrage des bateaux, les risques de crochage par le train de pêche des chalutiers et d’autres éventuelles agressions externes.

De l’avis de Ramiro Valdés, ce projet appelé à révolutionner les télécommunications favorisera l’indépendance du secteur informatique latino-américain. La mise en œuvre de ce projet ne profitera pas seulement à Cuba mais aux Caraïbes orientales et à l’Amérique centrale, car il augmentera la largeur de bande et représentera une alternative efficace aux raccordements satellites, beaucoup plus onéreux et moins avantageux.

Le ministre de l’Informatique et des Communications a souligné que cet ouvrage renforcera l’intégration, élargira les échanges sociaux et représentera un tournant dans les communications dans notre région.

L’entrée en service du câble sous-marin améliorera de 3 000 fois le traitement et transport de voix données images (VDI) de Cuba sur Internet. Evalué à un coût de 70 millions de dollars, ce câble de 1 602 kilomètres de long aura une capacité de 640 GB pour ses liaisons avec l’étranger.

Les fibres seront presque toutes posées en eaux internationales, conformément aux normes en vigueur, et respecteront les frontières et les juridictions des pays de la région.


Nouvelles alternatives

• Le câble sous-marin apportera une meilleure qualité de transmission de données mais pas nécessairement une augmentation du flot de données. La socialisation du service dépendra davantage de la quête d’efficience que de l’élargissement du réseau.

• En mettant fin à leur dépendance en matière de communications, nos pays pourront transmettre en temps réel des consultations médicales, des téléconférences et des cours d’éducation pour appuyer les programmes de coopération menés la région.

• Le blocus empêche Cuba de se connecter avec une dizaines de liens internationaux environnants. Par exemple, l’un de ces câbles (Cancun-Miami) ne passe qu’à 32 kilomètres du bord de mer de La Havane.
 

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