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La Havane. 2 Août 2012 

Notre peuple a une vocation pacifique, mais il saura toujours se défendre
• Le général d'armée Raul Castro a présidé la cérémonie nationale du 26 Juillet à Guantanamo

« NOTRE peuple a une vocation pacifique, mais il saura toujours se défendre », a déclaré le général d’armée Raul Castro en s’adressant à la population de Guantanamo réunie sur la Place Mariana Grajales, à l’occasion de la cérémonie national du 59e anniversaire de l’attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Cespédes.

Après l’allocution prononcée par José Ramon Machado Ventura, à la demande et sous les applaudissements des gens réunis sur la place, Raul est monté sur la tribune et a signalé : « Je ne viens pas pour prononcer un discours. Je tiens à assurer mes salutations à tous ceux qui se trouvent ici et à tous les gens de la province de Guantanamo et aux compatriotes de tout le pays ». Et d’ajouter : « Ce fut un meeting exemplaire, comme tous devraient l’être, avec une magnifique introduction de nos jeunes artistes de Guantanamo et de tous ceux qui sont sur cette estrade. Et elle n’a duré que 55 minutes ».

Le président a ensuite rappelé les journées intenses de ces derniers jours, avant de signaler : « Machado a déjà expliqué que la semaine dernière, nous avons eu des journées intenses. Il n’y a pas eu que les trois discours de chacune des réunions évoquées par Machado. Là-bas, on ne prononce pas de discours, sauf au Parlement. Le reste ont été des discussions, parfois âpres, au Conseil des ministres, au Comité central, au moment de traiter et d’examiner en profondeur les mêmes questions qui par la suite allaient être adoptées à l’organe suprême du pouvoir de l’État qu’est notre Parlement, notre Assemblée nationale ».

Visiblement ému, le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres a affirmé : « Nous éprouvons un amour profond pour notre pays, pour toute l’Amérique latine, et naturellement pour les endroits où nous avons vu le peuple lutter, où nous avons vu tomber des dizaines de camarades, où la terre vibre. Ici la terre tremble, mais pas les hommes ! » Et d’ajouter : « Ni les hommes, ni les femmes de Cuba ne tremblent, et nous l’avons prouvé pendant les plus de cinquante ans que dure cette lutte ! ».

Raul a rappelé qu’il avait combattu dans la région de Guantanamo aux côtés de ses compagnons du 2e Front oriental Frank Pais. Il a précisé qu’en approchant de Guantanamo, il avait pu voir avec fierté les centaines de kilomètres qu’il avait parcourus avec Fidel après avoir débarqué du yacht Granma, de Las Coloradas jusqu’à Guisa. « Dans ces contrées, nous nous sommes étendus rapidement, avec un Front qui est parvenu à couvrir 12 000 kilomètres carrés grâce au travail de préparation des gens de Guantanamo ».

Ensuite, sur un ton de plaisanterie il a signalé que « l’année prochaine nous fêterons les 60 ans de l’attaque de la caserne Moncada. Ce jour-là, Machado prononcera le dicours au Parlement tandis que je le ferai à Santiago de Cuba ». Raul a signalé qu’avant la cérémonie de la Moncada, il faudra aller à la Marche aux flambeaux avec les étudiants, le 28 août, « avec les héroïques étudiants cubains, depuis la colline universitaire jusqu’à la Fragua martiana, en hommage à José Marti, comme le fit la Génération du centenaire il y a 60 ans ».

Le président a ensuite insisté sur la nécessité de poursuivre le travail que nous avons entrepris. « Je ne vais pas répéter ce qui a été dit au Congrès, à la Conférence nationale du Parti, et à toutes les réunions et meetings. Il faut continuer ! Il faut continuer de l’avant, au rythme que nous, les Cubains, nous nous sommes fixés. Il faut continuer sans hâte, mais sans pause, petit à petit ».

À titre d’exemple, il a rappelé aux habitants de Guantanamo que « le pays continuera de persévérer pour atteindre tous les objectifs qui, à un moment donné, ont peut-être été trop ambitieux, dans notre souci de mettre en œuvre des programmes sociaux et économiques au profit de la population et de la Révolution, mais ces programmes sont mieux planifiés à présent, et mieux adaptés aux possibilités et aux moyens dont nous disposons ».

La premier secrétaire du Comité central du Parti a souligné que la direction du pays est consciente des problèmes que connaît le pays et la population : « les salaires sont bas et il y a encore nombre de difficultés à résoudre, mais tant que nous n’aurons pas amélioré la production et la productivité – à commencer par les tâches qui sont à portée de main, qui peuvent être accomplies, comme la production d’aliments, ce qui nous permettra d’économiser des milliards de dollars au titre des importations–, il ne pourra pas y avoir de hausse des salaires. »

Il a expliqué qu’« à un moment donné les salaires des enseignants ont été augmentés, même si ce n’est pas dans la proportion que nous aurions souhaitée. Les médecins ne gagnent pas beaucoup non plus. Nous sommes tous dans la même situation, mais nous avons vécu et préservé cette Révolution pendant plus d’un demi-siècle, ce qui constitue la grande prouesse du peuple cubain ».

Faisant un bilan de nos luttes d’indépendance, Raul a souligné la fermeté du peuple depuis les initiateurs de la première guerre pour la souveraineté du pays, en 1868, jusqu’à ceux qui combattirent dans la Guerra chiquita (la Petite guerre) ; jusqu’à José Marti, qui persévéra malgré des échecs comme celui de La Fernandina, lorsqu’il perdit les armes que les ouvriers du tabac aux États-Unis avaient collectés au prix de gros efforts. Marti débarqua avec Maximo Gomez par Cajobabo pour commencer la guerre de 1895, tandis que les frères Antonio et José Maceo et Flor Crombet le faisaient par Duaba.

Le président s’est référé à l’intervention des États-Unis qui empêcha l’entrée victorieuse des mambises à Santiago de Cuba, et qui marqua, le 1er janvier 1899, le début de la domination coloniale totale des États-Unis.

« Ils nous laissèrent un hymne, un blason et un drapeau. Ce fut suffisant pour reconquérir le reste », a-t-il dit. Et d’ajouter que si nous comparons le dernier recensement effectué par la métropole espagnole et celui réalisé par l’occupant nord-américain, on constate une diminution considérable de la population cubaine.

Évoquant cette époque marquée par une soumission totale de la bourgeoisie à l’empire du Nord, Raul a souligné que « ce furent 60 ans de domination absolue ! Au point que l’arrivée de M. l’ambassadeur US était un événement encore plus important que l’élection d’un président. C’était une réalité. L’ambassadeur des États-Unis était un personnage plus important que le président de la République, et certains journaux, dans leurs dépêches, ne prenaient même pas la peine de préciser ni le nom ni le pays de provenance. Ils écrivaient tout simplement : « L’Ambassadeur est arrivé ! ». Autrement dit, le grand manitou est arrivé ! Jusqu’à ce qu’à la même date, mais 60 ans plus tard, après avoir livré des combats dans tout le pays dans le cadre de la guerre de guérilla et clandestine, les barbus de Fidel débarquèrent dans la capitale et mirent fin à tout ce cirque ».

Raul a expliqué qu’à présent ils veulent, avec le soutien de leurs groupuscules, la même chose ici qu’en Libye, ou ce qu’ils veulent faire en Syrie, mais il a averti que « cette petite île est une île pacifique, dont les gens aiment danser, se lier d’amitié avec tous, y compris avec les États-Unis ; mais c’est un peuple rebelle, et s’ils veulent se mesurer, mieux vaut que ce soit seulement en baseball ou dans n’importe quel autre sport, où parfois ils gagnent et d’autres fois c’est nous qui l’emportons. Mais pour le reste, qu’ils nous respectent ! »

« On ne peut pas diriger le monde, et encore moins en se basant sur les mensonges répétés, à la manière du ministre de la Propagande de Hitler. Le jour où ils le voudront, la table sera servie, comme on le leur a fait savoir. S’ils veulent discuter, nous discuterons des droits de l’Homme, de la démocratie, de toutes ces histoires qu’ils ont inventées ces dernières années », a dit Raul.

Nous discuterons de tout, mais sur un pied d’égalité, parce que nous ne sommes ni soumis, ni les fantoches de personne ! ». Le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres a également appelé les USA à discuter des problèmes de leurs alliés, les pays d’Europe occidentale, notamment.

« En attendant, nous sommes là, avec plus ou moins

de choses, mais toujours avec notre cavalerie prête au cas où… ». Et d’ajouter : « une fois de plus, je proclame depuis cette tribune notre vocation pacifique. Nous n’avons aucun intérêt à vouloir du mal à quiconque, mais notre peuple sait se défendre. Ici, tout le monde sait ce qu’il a à faire ».

« Au nom du camarade Fidel et de tous les dirigeants du pays, dont certains sont ici – Machado l’a déjà signalé –, j’envoie une grande accolade à toute la population de Guantanamo ! ».
 

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