(Traduction de la version sténographique du Conseil
d'État)
Camarades,
La 8e période ordinaire de sessions de l’Assemblée
nationale qui prend fin aujourd’hui, a adopté le plan de
l’économie et la Loi du budget pour l’année 2012. Par
ailleurs, les députés ont reçu de nombreuses
informations sur la marche du processus de mise en œuvre
des Orientations de la politique économique et sociale
du Parti et de la Révolution, adoptées par le 6e Congrès.
Et le président du Tribunal suprême et le Procureur
général de la République ont présenté leur bilan au
Parlement.
Cette session a été précédée de la Réunion élargie du
Conseil des ministres, le 16 décembre, et de la tenue,
le mercredi 21, du 3e Plénum du Comité central du Parti,
ainsi que du travail des 12 commissions permanentes du
Parlement, depuis mardi dernier. C'est pourquoi, je ne
m'étendrai pas sur les sujets analysés et je n'aborderai
que certaines questions fondamentales.
Au milieu des va-et-vient de la crise financière
mondiale, l’économie cubaine a montré un comportement
acceptable et soutenu, le Produit intérieur brut s’est
accru de 2,7% – moins du 3,0% escompté –, notamment en
raison de la non-exécution de certains ouvrages et de
manquements dans la production de certains produits
agricoles, dans l’industrie alimentaire et dans celle
des matériaux de construction.
De même, en 2011 s’est amorcée la relance graduelle
de la production sucrière, nous avons dépassé le chiffre
record de touristes étrangers, et nous sommes parvenus à
préserver l’équilibre monétaire interne et la dynamique
favorable dans le rapport productivité-salaire moyen.
D’un point de vue structurel, l’économie s’améliore
grâce à une répartition plus adéquate des
investissements, avec un accent particulier sur les
investissements à caractère productif et
d’infrastructure.
Nous continuons d’avancer en vue de restaurer la
crédibilité internationale de notre économie, dans le
respect le plus strict de nos obligations financières
issues de la renégociation de nos dettes envers les
principaux créanciers, une politique que nous entendons
renforcer.
Le 18 décembre de l’année dernière, en prenant la
parole devant ce même Parlement, j’ai déclaré qu’avant
de boucler l’année 2011 nous aurions complètement
éliminé les limitations de transferts depuis des banques
cubaines vers l’étranger en faveur des fournisseurs
étrangers.
Nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous avons tenu
cet engagement, et que nous avons pris des dispositions
pour éviter de nouvelles rétentions à l’avenir, sauf en
cas de circonstances exceptionnelles.
Le plan de l’économie pour l’année prochaine a été
confectionné en conformité avec les Orientations
adoptées par le 6e Congrès du Parti, et il a un niveau
qualitativement supérieur en ce qui concerne la
conciliation des demandes entre producteurs et clients.
Cependant, les tensions financières persisteront, ce qui
nous oblige à continuer de diminuer les dépenses de tout
type, et de préserver l’une de nos premières sources de
revenus. Le Produit intérieur brut devra augmenter de
3,4%.
Même si nous espérons augmenter nos productions
nationales d’aliments, notamment le riz et les graines,
afin de diminuer les importations de ces produits dont
les prix ont tendance à augmenter, on peut dire que les
importations d'aliments s'élèveront à un peu plus de 1,7
milliard de dollars. Une telle réalité démontre avec
éloquence la nécessité d’avancer solidement dans le but
de mettre en production toutes les terres encore en
friche ou mal exploitées.
Le déficit du budget de l’État se maintiendra au même
niveau qu’en 2011, soit 3,8% du Produit intérieur brut,
tout en assurant rationnellement les services gratuits à
la population en matière d’éducation, de culture et de
sport, ainsi qu’en matière de sécurité sociale, de même
que les subventions au panier de la ménagère réglementé
et aux personnes aux revenus insuffisants pour acheter
des matériaux de construction, entre autres.
JE SUIS CONVAINCU QUE LA CORRUPTION EST
AUJOURD’HUI L’UN DES PRINCIPAUX ENNEMIS DE LA RÉVOLUTION
Passant à une autre question étroitement liée au
fonctionnement économique de la nation, et qui a été
maintes fois évoquée, y compris dans le Rapport central
au 6e Congrès, des les Orientations – concrètement à
l’alinéa 10 –, dans plusieurs interventions au Parlement
et dans de nombreuses réunions du Conseil des ministres,
nous n’observons pas les progrès escomptés. Il s'agit du
rôle essentiel des contrats dans les rapports entre les
entreprises, les unités subventionnées et les formes non
étatiques de gestion ; cela se reflète dans la situation
déficiente des recouvrements et des paiements, ce qui
entraîne un désordre des finances internes et favorise
les actes délictueux et la corruption.
Ceci s’est manifesté, pour ne citer qu’un exemple,
dans l’affaire des fournitures frauduleuses de produits
agricoles aux marchés de la capitale, des fournitures
qui n’ont jamais existé, ni n’avaient été cultivées, ce
qui a entraîné des pertes pour plus de 12 millions de
pesos à cause des actes délictueux de dirigeants, de
fonctionnaires et autres travailleurs des entreprises
étatiques de commercialisation, ainsi que de petits
agriculteurs qui ont servi d’hommes de paille. Ces
personnes devront répondre de leurs actes devant la
justice administrative et pénale, en fonction de la
gravité des faits.
Je fais mention de ceci pour illustrer la nécessité
de faire en sorte que nous, les dirigeants aux
différents échelons, depuis la base jusqu’aux plus hauts
postes du pays, nous assumions une conduite ferme face à
l’indiscipline et au manque de contrôle des
recouvrements et des paiements, qui constituent l’une
des causes et l’une des principales conditions qui
encouragent le délit. Je suis convaincu que la
corruption est aujourd’hui l’un des principaux ennemis
de la Révolution, et qu’elle est beaucoup plus nuisible
que l’activité subversive et d’ingérence du gouvernement
des États-Unis et de ses alliés à l’intérieur et en
dehors du pays.
La Cour des comptes de la République, le Ministère
public et les organes spécialisés du ministère de
l’Intérieur ont pour instruction de combattre ce fléau
avec toute la sévérité que nos lois autorisent, comme à
un moment donné ils ont combattu le trafic de drogue
naissant, à partir de janvier 2003.
Dans cette bataille stratégique, nous avons amélioré
la coordination, la cohésion et la rigueur dans la lutte
contre le délit, et nous commençons à en voir les
résultats, aussi bien en ce qui concerne les délits dits
« en col blanc » que ceux commis par des dirigeants et
des fonctionnaires cubains et étrangers liés au commerce
extérieur et aux investissements étrangers, ainsi que
dans les forfaits commis par des délinquants communs de
connivence avec des dirigeants administratifs et des
employés de dépendances étatiques dans les processus de
production, le transport et de distribution dans des
entités de l’industrie alimentaire, le commerce, la
gastronomie, le système du logement et les ministères de
l’Industrie de base et de l’Agriculture.
Précisément, dans le secteur agricole, depuis le 1er
août de cette année, nous avons considérablement
intensifié la lutte contre le vol et l’abattage du
bétail, ainsi que contre la commercialisation illicite
de viande bovine sur le marché noir, un phénomène qui au
fil des ans s’était développé dans une certaine
impunité, provoquant de graves dommages aux producteurs
étatiques et privés, sur les plans économique, moral et
social.
La Police nationale révolutionnaire et d’autres
forces du ministère de l’Intérieur, en coopération
étroite avec les organisations politiques et de masses,
ont assumé avec professionnalisme et systématicité la
mission d’éradiquer définitivement le vandalisme dans
les campagnes cubaines, un délit commis avec la
complicité de bouchers d’abattoir, de dirigeants et de
spécialistes d’entreprises d’État, d’unités de base de
production coopérative, de petits agriculteurs, de
vétérinaires et de directeurs municipaux et d’autres
fonctionnaires censés veiller à la croissance du cheptel
du pays, je parle ici du Centre de contrôle de
l’élevage, plus connu par ses sigles CENCOP.
Je pense qu’il est bon de rappeler qu’il ne s’agit
pas d’une campagne de plus, comme cela a pu arriver par
le passé lorsque les actions visant à rétablir l’ordre,
au fil du temps, se sont estompées pour céder la place à
la routine et la superficialité, donnant raison à ceux
qui disaient que les choses reviendraient au point où
elles se trouvaient auparavant, et qu’ils pourraient
s’enrichir au dépend du patrimoine de notre peuple.
Je puis vous assurer que cette fois nous allons en
finir avec les vandales de nos campagnes, comme nous
l’avons fait avec les trafiquants de drogue, et ils ne
referont plus surface car nous sommes décidés à faire
respecter les instructions émanant du gouvernement et
des accords du Congrès du Parti. Il en va de même pour
les bureaucrates corrompus, ceux qui sont arrivés à leur
poste à coup de simulation et d’opportunisme et qui s’en
servent encore aujourd’hui pour accumuler des fortunes,
tout en pariant sur une éventuelle défaite de la
Révolution.
Mercredi, au Plénum du Comité central, nous avons
examiné ces facteurs en profondeur et nous avons projeté
une série de documentaires et d’interrogatoires réalisés
à des délinquants en col blanc. Le moment viendra où,
camarades députés, vous pourrez visionner ces
documentaires qui vous seront projetés dans chaque
province, y compris à d’autres dirigeants.
Nous avons très présente à l’esprit la mise en garde
de Fidel, faite le 17 novembre 2005 au Grand
amphithéâtre de l’Université de La Havane, il y a un peu
plus de six ans, lorsqu’il affirmait que le pays pouvait
s’autodétruire « car aujourd'hui l'ennemi en est
incapable. Nous pouvons le détruire et ce serait notre
faute », concluait alors le chef de la Révolution à
cette occasion. C’est pourquoi il y a deux jours, au 3e
Plénum du Comité central, nous avons pris la décision
dont je vous viens de vous parler, à savoir d’en finir
avec ce fléau parasitaire.
Au nom du peuple et de la Révolution, nous
avertissons que, dans le cadre de la loi, nous serons
implacables !
EN CE QUI CONCERNE LA POLITIQUE MIGRATOIRE, JE
RÉAFFIRME NOTRE VOLONTÉ INTANGIBLE D’INTRODUIRE
PROGRESSIVEMENT LES CHANGEMENTS DANS CETTE PROBLÉMATIQUE
COMPLEXE
C’est avec cette même détermination de restaurer la
discipline sociale dans notre pays que nous travaillons
au processus de mise en œuvre des Orientations de la
politique économique et sociale du Parti et de la
Révolution, que nous avons débattu à l’actuelle session
de l’Assemblée nationale, car il ne fait aucun doute que
devant le tableau que je décris il serait très difficile
d’actualiser notre Socialisme.
La Commission permanente pour la mise en œuvre et le
développement des Orientations a fourni une large
information sur la marche de ses travaux et sur
l’adoption d’un ensemble de décisions dans le cadre des
accords du Congrès du Parti. Je n’en ferai pas un
inventaire, car il ne s’agit que des premiers pas. Les
questions essentielles sont encore en suspens, ce qui ne
veut pas dire que nous n’avançons pas au rythme prévu.
Nous continuerons de matérialiser tout ce qui a été
prévu, sans hâte, mais sans pause, avec l’intégralité et
la gradualité requises, sans précipitation et sans
improvisation, en contribuant à dépasser la vieille
mentalité dogmatique et en corrigeant opportunément les
erreurs que nous pourrions commettre. Nous ne
négligerons pas un seul instant l’unité de la majorité
des Cubains autour du Parti et de la Révolution, cette
unité qui nous a permis d’arriver jusqu’ici, et de
continuer d’aller de l’avant dans la construction de
notre Socialisme.
Comme il fallait s’y attendre, les exhortations –
bien ou malintentionnées – n’ont pas manqué pour nous
inviter à presser le pas, et certains veulent même nous
imposer la séquence et la portée des mesures à adopter
comme s’il s’agissait que quelque chose d’insignifiant
et non pas du destin de la Révolution et de la Patrie.
Après l’autorisation concernant l’achat et la vente
des voitures privées et des logements, beaucoup ont jugé
urgente l’application d’une nouvelle politique
migratoire, oubliant les circonstances exceptionnelles
que traverse Cuba, sous le siège que représente la
politique d’ingérence et subversive du gouvernement des
États-Unis, toujours à l’affût de n’importe quel moyen
lui permettant d’atteindre les objectifs que nous lui
connaissons.
Le 1er août dernier, j’ai publiquement abordé la
question devant ce Parlement, et j’ai expliqué que nous
travaillions à l’actualisation de la politique
migratoire en vigueur, et que nous progressions dans la
reformulation et l’élaboration de normes et de
réglementations, conformément aux conditions du présent
et de l’avenir prévisible. Je réitère aujourd'hui toutes
et chacune des opinions qui ont été avancées à cette
occasion, ainsi que notre volonté intangible
d’introduire progressivement les changements requis dans
cette problématique complexe, sans cesser d’évaluer dans
leur intégralité les effets favorables et défavorables
de chaque pas que nous ferons.
Je consacrerai maintenant quelques minutes à la
politique étrangère.
2011 a été une année convulsée pour le monde. Nous
remarquons aujourd’hui des tendances de plus en plus
dangereuses et réactionnaires, alors que les expressions
de résistance et de protestation populaire contre le
capitalisme néolibérale ne cessent de croître.
Les mécanismes des Nations unies, créés pour
préserver la paix et la sécurité, ont été manipulés pour
imposer à la planète la tyrannie des États-Unis, qui
assument comme modèle le « changement de régime », la
violation des principes du Droit international et se
servent des grands groupes financiers et médiatiques
pour attiser la haine et la violence.
Entre-temps, dans des dizaines de villes des
États-Unis et d’Europe, le message des « indignés »
appelant à mettre fin aux inégalités croissantes dans
les pays capitalistes bénéficie d’un soutien
grandissant.
Nous exhortons ces gouvernements qui n’hésitent pas à
donner des leçons de démocratie, de droits de l’Homme,
de liberté de presse, etc., à écouter leurs
revendications légitimes, à consulter leurs peuples sur
les politiques économiques et les mesures d’ajustement,
et à prendre en compte l’opinion publique et de renoncer
aux brutales répressions qui sont fréquemment lancées
contre les manifestations d’étudiants, de
professionnels, d’immigrés, d’ouvriers et d’autres
minorités.
Entre-temps, Notre Amérique avance vers l’intégration
et la souveraineté régionale, comme l’a prouvé la
création, à Caracas, le 2 décembre dernier, de la
Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe
(CELAC), ce qui constitue l’événement institutionnel le
plus important de l’hémisphère pendant les deux siècles
depuis l’indépendance.
Cuba a reçu l’honneur d’être élue à l’unanimité à la
présidence de la CELAC en 2013, et pour accueillir son
troisième Sommet prévu à la fin de cette même année.
C’est une revendication de toute l’Amérique latine et de
la Caraïbe, dont les peuples ont invariablement
encouragé la lutte héroïque des Cubains.
Quelques jours plus tard, à Trinité-et-Tobago, notre
pays exprimait sa reconnaissance pour la solidarité des
frères caribéens au Sommet Caricom-Cuba.
LE CONSEIL D’ÉTAT, DANS UN GESTE HUMANITAIRE ET
SOUVERAIN, A DÉCIDÉ D’AMNISTIER PLUS DE 2 900 CONDAMNÉS
Avant la Semaine sainte nous recevrons la visite
apostolique de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, chef
d’État de la Ville du Vatican et Souverain Pontife de
l’Église catholique.
Notre peuple et notre gouvernement auront l’honneur
d’accueillir Sa Sainteté avec affection et respect.
Les Cubains n’ont pas oublié les sentiments d’amitié
et de respect que nous a procurés en 1998 la présence
dans notre pays du Pape Jean-Paul II.
Par ailleurs, dans la mesure où grandit l’œuvre
internationale et la reconnaissance majoritaire de la
Révolution cubaine, jamais le discrédit de la politique
des États-Unis envers notre région n'a été aussi grand,
de même que la condamnation dans le monde, au sein de la
société nord-américaine, et parmi l'émigration cubaine,
du blocus économique, politique et médiatique génocide
exercé contre Cuba.
Nous actualisons notre Socialisme, en changeant tout
ce qui doit l’être, alors que le gouvernement des
États-Unis reste accroché au passé.
Barack Obama, le 11e président des États-Unis depuis
1959, semble ne pas comprendre que Cuba a consenti
d’énormes et longs sacrifices pour conquérir son
indépendance au XIXe siècle, pour défendre sa liberté à
Playa Giron en 1961, pendant la Crise des missiles
d’octobre 1962, aux débuts de la Période spéciale durant
la dernière décennie du XXe siècle, et pendant toutes
ces années du XXIe siècle. On a parfois l’impression
qu’il n’est même pas informé du fait que, face à cette
réalité, son gouvernement a dû renoncer aux prétextes
les plus éculés pour tenter de justifier le blocus, et
en inventer d’autres chaque fois plus insoutenables.
Sereinement et patiemment, nous nous appliqueront à
exécuter les accords du Congrès en cette année
d’élections aux États-Unis. Nous savons que le blocus
continuera et que les financements destinés à
transformer une poignée de mercenaires en une force
déstabilisatrice augmenteront, mais ceci n’ôte pas le
sommeil à un peuple révolutionnaire comme le nôtre, un
peuple instruit, armé et libre qui ne renoncera jamais à
se défendre (Applaudissements).
Même si l’immobilisme du gouvernement des États-Unis
et son manque de volonté politique pour améliorer les
relations encouragent les secteurs les plus
réactionnaires à mener de nouvelles provocations et
actions agressives, Cuba maintient sa proposition
d’avancer vers une normalisation de ses liens avec les
États-Unis et de développer la coopération dans toutes
les sphères susceptibles de profiter aux deux peuples.
Les liens familiaux et les échanges limités entre nos
deux pays nous démontrent combien leur expansion serait
profitable à tous, sans les obstacles et les conditions
imposés par le gouvernement des États-Unis, qui
subordonne tout progrès à sa politique d’hostilité et
d’ingérence pour rétablir sa domination sur Cuba.
Avant de conclure, je tiens à informer cette
Assemblée que le Conseil d’État, dans un geste
humanitaire et souverain, a décidé d’amnistier plus de 2
900 condamnés.
Parmi ceux-ci figurent des femmes, des malades, des
personnes âgées de plus de 60 ans, ainsi que des jeunes,
qui ont amélioré leur niveau d’instruction et leurs
possibilités de réinsertion sociale.
Cette amnistie ne concerne pas, sauf de rares
exceptions, les personnes condamnées pour des délits
d’espionnage, terrorisme, assassinat, homicide, trafic
de drogue, pédérastie avec violence, violation ou
corruption de mineurs, et vol avec effraction dans un
lieu habité. Cependant, certaines personnes condamnées
pour des délits contre la Sécurité de l’État et ayant
purgé une bonne partie de leur peine et ayant affiché
une bonne conduite seront libérées.
Systématiquement et dans des proportions annuelles
supérieure à celles comprises dans cette amnistie, le
Tribunal suprême populaire, le Ministère public de la
République et les organes spécialisés du ministère de
l’Intérieur, en vertu des dispositions juridiques en
vigueur, évaluent et décident de la remise en liberté
anticipée de personnes condamnées, en tenant compte de
leur comportement, des particularités des délits commis
et des conditions familiales et de santé. À ces aspects
se sont joints cette année de nombreuses requêtes de
familles et de diverses institutions religieuses, dont
le Conseil des Églises de Cuba et la Conférence des
évêques catholiques de Cuba, par l’intermédiaire de leur
président.
Il a également été tenu compte de la prochaine visite
à Cuba du Pape Benoît XVI, et de la commémoration du
400e anniversaire de la découverte de l’image de la
Vierge de la Caridad del Cobre.
L’amnistie entrera en vigueur dans les prochains
jours, comme un nouveau témoignage de la générosité et
de la force de la Révolution cubaine.
Nous tenons aussi à faire part de notre disposition à
accorder la remise en liberté anticipée à 86
ressortissants étrangers, de 25 pays, y compris de 13
femmes, condamnés par nos tribunaux pour des délits
commis à Cuba, avec la condition préalable que les
gouvernements de leurs pays d’origine accepteront leur
rapatriement.
Nous transmettrons prochainement, par voie
diplomatique, et à travers les autorités compétentes,
les informations à ce sujet.
Pour conclure, quelques jours avant la fin de cette
année de travail intense, je tiens à adresser à notre
peuple, et en premier lieu à nos courageux Cinq Héros et
à leurs vaillantes familles, mes chaleureuses
félicitations pour le Nouvel an et pour un nouvel
anniversaire du triomphe de la Révolution.
En janvier nous attend la 1ère Conférence nationale
du Parti, si bien qu’il n’y aura pas beaucoup de temps
pour se reposer.
C’est tout.
Merci beaucoup.
(Ovation)