Lutte contre le SIDA
: plus de
lumière que d'ombre
Alberto D. Pérez
SANTIAGO DE CUBA. — Pour la première fois depuis
l’apparition du VIH/Sida à Cuba, on a enregistré une
diminution de la progression de la maladie pendant les
12 derniers mois jusqu’en juin 2012, a annoncé à Granma
international la Dr Rosaida Ochoa, directrice du Centre
national de prévention des maladies de transmission
sexuelle, à l’occasion du 9e Symposium national de
masculinité et VIH, qui s’est déroulé les 29 et 30 juin
dans cette ville de l’est du pays.
« Ceci est le fruit de la volonté politique du
gouvernement révolutionnaire qui, en dépit des
difficultés financières auxquelles nous sommes
confrontés, ne lésine pas sur les moyens pour améliorer
la prévention et le contrôle de la maladie », a-t-elle
signalé.
La Dr Ochoa a exprimé sa reconnaissance au Système de
l’ONU à Cuba, et en particulier au Programme des Nations
unies pour le développement (PNUD), pour le soutien
apporté aux diverses initiatives en matière de lutte
contre le Sida, et notamment à ce 9e Symposium national
de masculinité et VIH, qui s’inscrit dans le cadre des
nombreuses actions menées pour contribuer à la
sensibilisation et à l’éducation en matière de
prévention du VIH/Sida au sein de la population. Elle
s’est également félicitée des projets financés par le
Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et
la malaria, à travers le PNUD en tant que principal
récepteur.
Ce 9e Symposium a réuni plus de 150 promoteurs de
santé de l’ensemble du pays au Centre des Convention
Heredia, à Santiago de Cuba.
Le médecin colombien Carlos Cortés Falla, conseiller
technique principal du PNUD pour ces projets, a présenté
la conférence magistrale de cette rencontre, intitulée
Masculinité : à la recherche d’une pensée pour l’homme
latino, qui a porté sur les racines de certains
comportements actuels qui sont à l’origine d’attitudes
comme l’homophobie et la violence contre la femme.
L’orateur a offert une description détaillée de ces
modes de comportements et leurs conséquences néfastes
pour un développement sain des nouvelles générations.
Le Dr Cortés a également fait allusion à d’autres
formes de violences contre les enfants et les
adolescents des deux sexes dans les quartiers, les
écoles et les aires sportives et d’autres espaces de
socialisation.
Ces questions ont été largement débattues par les
participants, qui ont insisté sur la nécessité de
concevoir des stratégies actualisées pour éviter
l’expansion d’un tel phénomène.
Les thèses présentées par le docteur colombien sur
les causes du machisme, de l’inégalité des genres et de
l’homophobie ont été confirmées par les participants
lors d’un exercice d’analyse de groupe proposé par la Dr
Inalvis Rodriguez, master ès sciences et fonctionnaire
du PNUD.
Il a été demandé aux délégués, divisés en trois
groupes, de procéder à une expression picturale sur les
rôles de l’homme et la vision des diverses masculinités
à Cuba.
Pour sa part, l’ingénieur Raul Reguero, assistant du
programme du PNUD, a présenté l’exposé intitulé
Prévention positive : actualisation de la pensée dans la
prévention du VIH à HSH, qui a donné lieu à un débat
riche et intéressant.
La Dr Rosaida Ochoa a prononcé le discours de clôture.
Au nom du ministère cubain de la Santé publique, elle a
fait l’éloge de la qualité des conférences et des
travaux présentés dans le cadre du Symposium, et s’est
prononcée pour la poursuite de ce genre d’initiatives.
« Il s’impose de continuer les recherches sur la
masculinité, peut-être en évitant de parler d’une seule
masculinité et en abordant les diverses manifestations
de masculinité dans la société moderne ».
Cette rencontre a également permis de constater les
progrès réalisés dans le contrôle du Sida et dans les
recherches sur les conditions qui favorisent sa
propagation.