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La Havane. 12 Novembre 2009

Honduras: la dictature recrute des «observateurs» parmi l’extrême-droite

Jean-Guy Allard

SOUCIEUX de masquer l’illégitimité des élections du 29 novembre, le régime usurpateur de Roberto Micheletti s’applique à recruter, par le bais d’une association patronale putschiste, des «observateurs» parmi les organisations d’extrême-droite du monde entier.

«Ils ont déjà confirmé avoir recruté entre 300 et 500 observateurs», souligne à sa une le quotidien La Prensa, propriété du magnat hondurien Jorge «Pepsi» Canahuati, tandis que l’auteur de l’article, emporté par son ardeur putschiste, faisait état d’«environ 600 observateurs internationaux en provenance d’Amérique du Nord, centrale et du Sud» qui devraient participer à la supervision de ces élections.

Pour dégoter ses «observateurs» à un moment où tous les organismes internationaux d’observation ont refusé de cautionner cette farce électorale, la junte militaire de Tegucigalpa a misé sur l’un de ses acolytes les plus dévoués, Amilcar Bulnes, le président du Conseil hondurien de l’entreprise privée (COHEP).

Bulnes a déclaré au quotidien la Prensa de son ami Canahuati que le processus électoral «est appelé à jouer un rôle clé pour l’instauration d’un climat favorable aux investissements», basé sur «la stabilité sociale». Un avis que partage bien entendu la hiérarchie de l’armée, de la police et des escadrons de la mort de Billy Joya.

«Ils viendront des Etats-Unis, d’Europe, du Chili, d’Argentine, de Colombie et d’Amérique centrale», a révélé Bulnes, avant de préciser que deux des plus «éminents» représentants de l’extrême-droite continentale, en l’occurrence les anciens présidents Alvaro Arzu (Guatemala), et Alfredo Cristiani (Salvador), «vont faire le voyage»

Quelque temps auparavant, l’annonce avait été faite qu’aux élections convoquées par le régime putschiste participeraient –en qualité d’«observateurs» également– une délégation dépêchée par l’organisation néonazie UnoAmerica, ainsi que plusieurs membres du Réseau latino-américain et de la Caraïbe pour la liberté, un appendice de la Fondation Liberté, financée par le National Endowment for Democracy (NED), des Etats-Unis, et de la Fondation pour l’analyse et les études sociales (FAES), de l‘ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar.

L’organisation UnoAmerica, liée à la CIA et également sponsorisée par la NED, est impliquée dans la tentative d’assassinat contre le président de l’Etat multinational de Bolivie Evo Morales.
 

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