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L’affaire de la
Banque Scotia, un dangereux précédent qui menace
les autres nations
LE pouvoir du
dollar nord-américain comme principale devise dans
laquelle s’effectue le commerce international est
maintenant utilisé pour faire davantage pression
sur Cuba sous couvert de l’Acte Patriotique et
pourrait facilement s’utiliser pour en exclure
d’autres du marché international, commente le
quotidien jamaïcain Gleaner de Kingston.
Dans un
éditorial publié le mardi 4 concernant l’affaire
de la banque canadienne Scotia, le quotidien
indique qu’en invoquant la loi nord-américaine à
laquelle elle s’est soumise, la banque vient
d’annoncer, à travers sa succursale de Jamaïque,
qu'elle ne prêtera plus ses services de
transactions monétaires en dollars des Etats-Unis
à Cuba.
« Il
n’existe aucune loi jamaïcaine qui interdise aux
ambassades d’utiliser des comptes dans n’importe
quelle des devises avec lesquelles les banques
travaillent ici » souligne le journal.
« Le
gouvernement souverain de Jamaïque entretient des
relations diplomatiques avec Cuba pour lesquelles
nous n’avons pas eu besoin de la permission des
Etats-Unis et nous ne l’avons pas demandée »
En se
référant à l’Acte Patriotique prétendument conçu
pour « la lutte contre le terrorisme »,
le Gleaner indique que « la communauté
internationale ne considère pas et ne
reconnaît pas Cuba comme une menace terroriste. »
La question
de la fermeture des comptes en dollars USA de
l’Ambassade Cubaine «est d’une manière
significative plus importante qu’une simple
question bancaire privée ou même qu’une nouvelle
dimension du conflit Cuba-Etats-Unis » écrit
le quotidien qui invite le gouvernement de la
Jamaïque à porter ce sujet à un niveau
diplomatique.
« La
menace n’est pas seulement dirigée contre Cuba
mais aussi contre notre propre souveraineté »a
conclu l’important journal jamaïcain.
Le Réseau
canadien de solidarité avec Cuba, a prévenu la
Banque Scotia qu’elle a demandé à ses 55 000
membres de mettre fin à ses relations avec cette
institution et prévenu d’urgence leurs députés de
cette ingérence. Des fermetures de comptes de la
banque ont été signalées depuis lors.
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