Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

 
  

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 I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 25 Avril 2006

 

Encore de l’eau au moulin
PAR ELSA CLARO, de Granma international

L’ADMINISTRATION nord-américaine navigue sur une mer de critiques, mais tout semble indiquer que cela lui est indifférent. Ainsi apprend-on que le vice-président Richard Cheney, avec sa femme Lynne, aurait gagné près de 9 millions de dollars en 2005 en sa qualité d’actionnaire de la firme Hallyburton, dont plusieurs filiales ont été invitées par le président Bush à participer à la «reconstruction» de l’Irak.

Avec un si joli compte en banque, un Cheney tout sourire ne s’est pas gêné pour affirmer devant les caméras de la télévision que le gouvernement est mieux à même que la presse d’évaluer la réalité irakienne, la presse se laissant facilement impressionner par les effets certes saisissants d’une voiture piégée. Effets à répétition, a-t-il oublié de signaler.

Parallèlement, et malgré la défense véhémente qu’a faite George W. Bush en personne de Donald Rumsfeld, plusieurs ex-officiers persistent à demander la démission ou la déposition du chef du Pentagone, pour avoir mal conduit la guerre dans le pays arabe. Pour comble, on vient de dénoncer son implication directe dans les tortures infligées aux prisonniers de Guantánamo. Méthodes qu’il avait du reste qualifiées de «normales» dès qu’elles avaient été découvertes. Une «normalité» qui mériterait de figurer dans les livres de records.

Une autre personnalité étroitement liée au monde pétrolier, à l’exemple de Bush, est sa secrétaire d’Etat, Mlle Condolezza Rice, qui semble par ailleurs avoir échoué dans sa tentative de mettre en place en Irak occupé un gouvernement ont elle pourrait tirer quelques bénéfices tout en détruisant le pays et pillant son patrimoine.

La secrétaire d’Etat et son homologue britannique Jack Straw ont effectué une visite éclair à Bagdad pour tenter de convaincre Chiites, Sunnites et Kurdes de former un gouvernement de coalition. Après des élections législatives douteuses menées sous occupation étrangère, il y a quatre mois, le processus continue en effet de stagner.

Voilà bien une affaire qui n’augure rien de bon. Le gouvernement en place depuis janvier 2005 repose sur une alliance kurde-chiite particulièrement tumultueuse. Les Sunnites n’ont guère de sympathie pour le premier ministre en poste, Ibrahim Al Yaafari, du parti Dawa, qui pour sa part a énergiquement refusé de démissionner jusqu’à ce que les pressions l’obligent, tout récemment, à retirer sa candidature.

La principale force parlementaire (Alliance Unité irakienne, 128 sièges sur 175, 17 groupes politico-confessionnels) était sur le point de trouver une alternative, mais les noms proposés se heurtaient à l’opposition des partis ralliés au candidat pro-nord-américain, Iyad Alaui.

La controverse se déroule au milieu d’énormes tensions, accrues dès la fin février par la destruction de la mosquée dorée de Samarra qui ravivait des conflits religieux. Il est à craindre que cet acte n’avait d’autre objectif que, précisément, celui-ci, mais aussi de montrer au grand jour les anomalies de l’occupation étrangère et le manque total de confiance dans des hommes politiques qui placent leurs propres intérêts au dessus de ceux du pays.

En clair, l’attitude assumée par les candidats au gouvernement irakien ressemble fort à celle de leurs promoteurs de Washington, qui ne cherchent à défendre que leurs propres intérêts. La cupidité des uns et le sectarisme des autres font obstacle à une vision constructive de caractère national et tendent à détériorer un panorama déjà trop complexe.

A l’incertitude et aux pénuries qui affectent le plus grand nombre d’Irakiens, s’ajoutent les conflits entre ceux qui se battent pour acquérir ou conserver le contrôle d’importantes enclaves comme Mossoul ou le bassin de Kirkouk, dont les réserves d’hydrocarbures sont déterminantes pour l’avenir économique de l’Irak. Ceci, à supposer que les Etats-Unis ne fassent pas main basse sur tous les puits, comme ils se le proposent, indépendamment des affrontements actuels et de l’éventualité du fractionnement de la nation, qui deviendrait alors incontrôlable. Mais toute médaille a son revers et une telle évolution pourrait bien être fatale aux très bonnes affaires que l’on fait ou projette de faire dans la région.
 

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