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Une nouvelle image
musicale: les Cubaines du jazz
PAR
MARIA ELENA CAPOTE, spécialement para Granma
international
A ses débuts
le jazz était le fait des hommes, à l’exclusion de
leurs compagnes, et si d’aventure une pianiste
avait l’audace de se mesurer à lui, c’était dans
le milieu étroit de ces «sessions» de musique à la
fois nostalgique, agressive, douce, mélancolique
et passionnée, née des souffrances et des joies
des Noirs nord-américains.
Mais les
temps changent et aujourd’hui, les femmes jouent
du jazz sur leurs instruments, comme les hommes,
parce que pour jouer du jazz, il ne faut rien
d’autre que¼ du sentiment et du talent!
L’écrivain
arménien et nord-américain Saroyan se plaignait il
y a déjà quelques années, à l’occasion d’un voyage
dans sa terre natale, d’y avoir vu jouer une jazz
band¼ russe! «Il n’y a que des Noirs nord-américains
pour jouer ça», tranchait-il alors. Et ce n’était
pas tout à fait faux car¼ pour interpréter du
jazz, où que ce soit, il faut du sentiment.
Entre les
musiciens cubains et le jazz, il y a déjà une
vieille histoire d’amour. Les tambours du génial
Chano Pozo, au milieu du siècle dernier, ont
enrichi la musique dite nègre qui s’imposait dans
les coeurs et sur les scènes du monde, hors des
limites étriquées de la discrimination raciale.
Aujourd’hui,
les nombreuses écoles de musique du pays étant
ouvertes aux femmes, elles deviennent virtuoses
d’instruments tels que la flûte, la contrebasse,
la trompette ou le piano, et elles sont de plus en
plus nombreuses à faire des incursions dans le
domaine sacré du jazz.
Et s’il était
besoin d’en fournir la preuve, le club La zorra
y el cuervo, sur la belle avenue havanaise de
La Rampa, a organisé à l’occasion du 8 mars,
Journée internationale de la Femme, la sixième
rencontre intitulée «Les femmes dans le jazz»,
avec la participation, quatre soirées durant, des
meilleures interprètes du pays.
On y a vu
défiler Bellita et son ensemble, Las Canelas, les
Afroamericanas, Sexto Sentido et Lucía Huergo, qui
ont agrémenté d’une sève caribéenne une musique
devenue universelle.
Depuis l’an
2000 la rencontre est annuelle et a montré qu’à
Cuba les femmes sont bien installées dans le monde
du jazz. L’image traditionnelle du saxo pour
symboliser le jazz, ces groupes masculins qui ne
toléraient guère qu’une femme pour la voix, bref,
la prépondérance masculine dans un domaine où
comme dans d’autres elle n’a rien à faire, voilà
qui est bel et bien tombé dans les oubliettes.
Les nouvelles
générations de femmes jazzistes sont là et elles
animent les jazz sessions dans les clubs de
n’importe quelle ville du pays.
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