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 I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 30 Mars 2005

 

Une nouvelle image musicale: les Cubaines du jazz

PAR MARIA ELENA CAPOTE, spécialement para Granma international

A ses débuts le jazz était le fait des hommes, à l’exclusion de leurs compagnes, et si d’aventure une pianiste avait l’audace de se mesurer à lui, c’était dans le milieu étroit de ces «sessions» de musique à la fois nostalgique, agressive, douce, mélancolique et passionnée, née des souffrances et des joies des Noirs nord-américains.

Mais les temps changent et aujourd’hui, les femmes jouent du jazz sur leurs instruments, comme les hommes, parce que pour jouer du jazz, il ne faut rien d’autre que¼ du sentiment et du talent!

L’écrivain arménien et nord-américain Saroyan se plaignait il y a déjà quelques années, à l’occasion d’un voyage dans sa terre natale, d’y avoir vu jouer une jazz band¼ russe! «Il n’y a que des Noirs nord-américains pour jouer ça», tranchait-il alors. Et ce n’était pas tout à fait faux car¼ pour interpréter du jazz, où que ce soit, il faut du sentiment.

Entre les musiciens cubains et le jazz, il y a déjà une vieille histoire d’amour. Les tambours du génial Chano Pozo, au milieu du siècle dernier, ont enrichi la musique dite nègre qui s’imposait dans les coeurs et sur les scènes du monde, hors des limites étriquées de la discrimination raciale.

Aujourd’hui, les nombreuses écoles de musique du pays étant ouvertes aux femmes, elles deviennent virtuoses d’instruments tels que la flûte, la contrebasse, la trompette ou le piano, et elles sont de plus en plus nombreuses à faire des incursions dans le domaine sacré du jazz.

Et s’il était besoin d’en fournir la preuve, le club La zorra y el cuervo, sur la belle avenue havanaise de La Rampa, a organisé à l’occasion du 8 mars, Journée internationale de la Femme, la sixième rencontre intitulée «Les femmes dans le jazz», avec la participation, quatre soirées durant, des meilleures interprètes du pays.

On y a vu défiler Bellita et son ensemble, Las Canelas, les Afroamericanas, Sexto Sentido et Lucía Huergo, qui ont agrémenté d’une sève caribéenne une musique devenue universelle.

Depuis l’an 2000 la rencontre est annuelle et a montré qu’à Cuba les femmes sont bien installées dans le monde du jazz. L’image traditionnelle du saxo pour symboliser le jazz, ces groupes masculins qui ne toléraient guère qu’une femme pour la voix, bref, la prépondérance masculine dans un domaine où comme dans d’autres elle n’a rien à faire, voilà qui est bel et bien tombé dans les oubliettes.

Les nouvelles générations de femmes jazzistes sont là et elles animent les jazz sessions dans les clubs de n’importe quelle ville du pays.
 

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