Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

 
  

TEXTE seulement  

 C U L T U R E L L E S

La Havane. 9 septembre 2004

Chucho Valdés: un nouveau concept

PAR RAFAEL LAM, spécialement pour Granma international

CHUCHO Valdés transforme en or tout ce qu’il touche; le voilà pour la cinquième fois lauréat du Grammy Latino, accumulant en outre quinze nominations. Il est bon de rappeler que Quivican est la localité d’Amérique latine qui détient le record des prix Grammy.

CHUCHO VALDESPour Cuba étaient proposés Chucho Valdés et Los Van Van, mais aucun d’entre eux n’a reçu le visa d’entrée aux États-Unis pour la remise des récompenses.

Chucho a obtenu son prix dans la catégorie du Meilleur album de jazz latino pour son disque New Conceptions, qui comprend sept morceaux aux titres très cubains, conçus pour satisfaire à la fois le goût populaire et celui des auditeurs les plus exigeants. Il s’est entouré pour l’occasion de son quartette de jazz et de quelques invités, dont le flûtiste cubain Joaquin Oliveros, héritier des vieux charangueros.

Il était beaucoup question du disque dans les milieux de la musique, de la critique et des spécialistes. Ces derniers, notamment Dan McClanaghan, ont relevé dans cette nouvelle oeuvre de Chucho la synthèse entre essence cubaine et latin jazz qui a toujours marqué sa musique depuis ses débuts avec Irakere. Pour Chucho, ce triomphe a une saveur différente : c’est un peu comme un l’arrivée d’un nouvel enfant au foyer.

Cette année est précisément celle du 35e anniversaire de la création de l’oeuvre de son premier Grammy, Misa negra (primée en 1979, il y a 25 ans), son grand classique. «Nous avons triomphé au meilleur moment de la salsa latino, face à Ruben Blades et à son disque Siembra. Ce fut une révolution du jazz afrocubain (avec tambours), qui a ouvert la voie a Irakere au Festival de jazz de Pologne, en 1970

Je me souviens comme si c’était hier de l’irruption de Chucho et de son quintette de jazz au Festival de la chanson populaire de Varadero 70 ; leur prestation leur valut les éloges de musiciens de l’autorité de Dave Brubeck, pour qui Chucho et son groupe innovaient dans le monde du latin jazz.

Les cinq musiciens débordaient de joie en ces jours de définitions musicales, alors que le pop électronique des Beatles déferlait sur le monde.

Peu après, Chucho apparaissait déjà parmi les cinq meilleurs pianistes de jazz au niveau mondial, avant Chick Corea. Commençait pour Irakere une saga qui dure encore. La musique cubaine pouvait franchir les frontières du blocus musical imposé par l’industrie du disque capitaliste. La nouvelle musique de Cuba marquerait (avec celle de Los Van Van) le prélude du boom de la salsa cubaine, la grande révolution de la fin du XXe siècle.

L’oeuvre de Chucho atteint déjà ne cinquantaine de disques. Il y aura bientôt 60 ans que le petit Jesus Dionisio Valdés interprétait pour la première fois, tel un nouveau Mozart, La vaca lechera devant son village de Quivican. Depuis lors il n’a cessé de jouer un seul jour. Un exercice imposé au début, dans une certaine mesure, par ses parents, et qui prit par la suite un caractère d’expérience religieuse. Comme s’il avait vu le jour devant un piano, dans un foyer imprégné de musique qui a donné tant de gloire à Cuba.

                             IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Frank Aguero Gomez / Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
HÔTE: Teledatos-ICCC. Internet Cubaweb Communications Corporations. http://www.cubaweb.cu/
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

Egalement a: http://granmai.cubaweb.com/
http://www.granmai.cubasi.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano | MAGAZINE
© Copyright. 1996-2004.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page